Sony défend maintenant devant la justice une position assez claire sur les achats du PlayStation Store : acheter un jeu numérique ne veut pas dire en devenir propriétaire. Dans un document déposé le 21 août dans le cadre d’un recours collectif en Californie, l’entreprise affirme même qu’il n’est « pas plausible » qu’un consommateur raisonnable pense obtenir la propriété d’un jeu numérique. L’argument a été repéré à l’origine par Stephen Totilo de Game File et commence à être largement repris ce 1er septembre.
L’affaire part d’une plainte déposée le 18 juin par quatre joueurs. Ils reprochent notamment au PlayStation Store d’utiliser des termes comme « Buy Now » ou « Confirm Purchase », alors que la transaction donne en réalité accès à une licence. Depuis janvier 2025, une loi californienne impose justement aux boutiques numériques d’expliquer clairement lorsqu’un achat ne donne qu’un droit d’utilisation révocable.
Sony utilise Resident Evil Requiem pour défendre sa position
Le passage le plus étonnant concerne Resident Evil Requiem. Sony rappelle que deux plaignants ont acheté le jeu à quelques jours d’intervalle en février. Selon ses avocats, si le premier joueur était réellement devenu propriétaire de la copie numérique, le second n’aurait tout simplement pas pu acheter le même jeu ensuite. L’entreprise s’appuie aussi sur ses propres conditions d’utilisation, où il est indiqué que « le logiciel vous est concédé sous licence, il ne vous est pas vendu ».
Sony ne se contente d’ailleurs pas de défendre le fond de l’affaire. L’entreprise demande également que le dossier soit envoyé en arbitrage individuel plutôt que traité comme une action collective. Ses conditions d’utilisation contiennent déjà une clause obligeant les utilisateurs américains à passer par cette procédure, sauf s’ils s’en sont retirés dans les délais prévus.
Cette déclaration arrive à un moment particulièrement sensible pour PlayStation. Sony a déjà rappelé récemment à ses utilisateurs qu’un achat numérique correspond à une licence, tandis que le groupe fait face à de nombreuses critiques autour de la disparition progressive du support physique. Le fond du débat dépasse donc largement cette procédure : c’est directement la notion de « propriété » d’un jeu acheté en numérique qui se retrouve au centre du dossier.
